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COMMUNIQUE DU CIEM
Le spot de cette campagne joue sur le registre de l’anxiété en présentant des parents passifs et complices des violences subies par leurs enfants. Elle utilise le mécanisme du « choc dissuasif » dont l’efficacité est loin d’être prouvée. Montrer des images extrêmes avec un effet de réalisme n’est pas nécessairement dissuasif. Cette violence volontariste de la publicité peut déclencher en fait des réactions de dégoût moral ou de sensibilité à la détresse des autres, et peuvent mener à l’inaction ou à l’évitement.
Les parents sont déjà fort inquiets des activités de leurs enfants sur Internet, tout en pensant qu’elles leur sont aussi profitables. Loin de créer une compréhension claire du phénomène, susciter une anxiété supplémentaire risque de paralyser leurs capacités de réaction. Faire apparaître les parents comme irresponsables est non seulement une caricature mais une stigmatisation qui risque d’aboutir au résultat inverse à l’objectif légitime recherché.
De telles campagnes devraient en effet s’adresser à la volonté réelle des parents de protéger leurs enfants, sans simplifier les problèmes. Elles devraient leur donner des pistes de réponses concrètes et positives, en s’inspirant notamment des dernières campagnes réalisées par le CSA pour la signalétique à la télévision. En l’occurrence la campagne aurait pu rappeler l’importance pour les parents d’utiliser des logiciels de filtrage en expliquant qu’ils se sont améliorés ces dernières années. Or, le caractère anxiogène du message est tel que la solution proposée dans l’image finale n’est pas audible.
Vu l’importance qu’Internet a pris dans la vie sociale des familles et vu la complexité des enjeux technologiques et éthiques posés par la fréquentation d’Internet, le CIEM considère qu’il est urgent de proposer au grand public des émissions de télévision et de radio régulières à des heures de grande écoute. Les questions que les jeunes et leurs parents se posent sont nombreuses et les réponses toujours complexes.
Seules de telles émissions pourraient donner au grand public des points d’appui à des spots de sensibilisation et permettre d’installer de nouveaux comportements. Ces émissions pourraient en outre être podcastées sur internet, pour être écoutées aux moments de meilleure disponibilité des usagers. Elles pourraient être relayées par des associations comme le CIEM, en grande demande de tels outils intelligents.
Contacts Ciem
Sophie Jehel (0612556382) et Christian Gautellier (0689861118)